Salut à tous,
Je pensais originellement poster un retour sur le topic "Vos derniers achats", avant de réaliser qu'il était consacré aux JV. Du coup, tant pis, j'ouvre un petit sujet ici, on pourra échanger sur les différents Oavs si ça vous tente.
Si comme moi vous aviez été l'heureux possesseur des vieilles vhs DBZ (en particulier la première édition, connue sous le nom de « fresque »), ce coffret se veut l'héritier de ces fabuleux OAVS sortis chez nous, disponibles à l'origine dans les magasins d'import mangas ou de jeux vidéos. Produit par AB, le logo de la firme d'une certaine Dorothée chère à notre enfance apparaît non sans provoquer en nous une petite émotion nostalgique au lancement des nombreuses galettes du pack. Et cette nostalgie, c'est exactement ce qu'offre ce coffret contenant rien de moins que plus de 17 h de programme !
Rapport qualité-prix :
Qu'on se le dise, le coffret est assez dispendieux. Trouvable à environ 80 euros aujourd'hui sur Amazon (en 2026), la nostalgie coûte chère, très chère compte tenu du coffret assez sobre servant d'écrin à l'ensemble, alors que celui-ci avoisinait plutôt les 40 euros à sa sortie. Estimons-nous heureux toutefois, nous en avons toujours pour notre argent, même à ce tarif. En effet, AB aurait pu se contenter de nous servir uniquement les OAVS couvrant la saga DBZ, mais pour notre plus grand plaisir, ils se sont étendus à la période DB et même DB GT, le tout en version française et japonaise, s'il vous plaît !
DB "OAVS" Kaï :
Côté remasterisation, le rendu est plutôt convaincant sans être bluffant. Mention spéciale pour les films Dragon Ball (non Z) qui offrent de jolies couleurs et une animation toujours aussi impeccable en 2026, certains décors rappelant de magnifiques estampes japonaise. Les films DBZ ont profité globalement de la même qualité, avec des images nettoyées, sans pour autant trahir le rendu original, conservant intacts nos souvenirs d'enfants. Le premier opus estampillé « GT » est par ailleurs magnifique tant du point de vue dessin qu'animation, nous faisant presque regretter cette saga quand on la compare à sa remplaçante, DBS.
Petit bémol toutefois pour le deuxième épisode GT (catalogué dans la rubrique tv special) qui, de manière curieuse, a conservé son rendu d'époque, sans remasterisation. Je dis peut-être une bêtise, mais il me semble que les deux autres téléfilms avaient bénéficié de retouches légères. En tout cas, cela ne m'avait pas autant choqué.
Au niveau des contenus bonus, seuls quelques bandes annonces cinéma d'époque et autres résumés sont disponibles pour la majeure partie des films. Hélas pour les gros puristes, pas d'extraits d'interviews. Tant pis.
Concernant le doublage français et contrairement à Dragon Ball Kaï, il s'agit bien du doublage d'époque, qui était déjà qualitatif et très proche de la VO chez certains personnages. Quel bonheur de revoir ces noms mythiques au générique, Brigitte Lecordier, Eric Legrand et tous les autres !
Dragon Ball sans Z :
Première surprise du coffret, la présence des 4 Oavs sortis sur DB, pour la plupart inconnus au bataillon. Personnellement, je me souvenais très bien d'une vieille Vhs d'un copain qui, de manière habile, regroupait le film 1 et 3 en un seul, alors qu'il s'agissait bel et bien de deux films séparés.
Grossomodo, les 3 premiers OAVS sont un gros condensé de la saga Dragon Ball jusqu'à l'arrivée de Taopaipai et Ten Shin Han, le tout avec des histoires inédites amenant les personnages à se rencontrer dans un contexte plus fantaisiste et proche du conte « Voyage vers l'Occident ». S'ils sont dispensables pour les possesseurs du manga, ils peuvent toutefois servir de résumé pour les nouveaux arrivants, qui pourraient éventuellement reprendre l'animé à partir de l'arc Piccolo Daimao après visionnage.
Le 4ème film est peut-être le plus surprenant du lot, celui-ci ayant été produit en 1996 durant l'arc GT. Il s'agit (encore) d'une sorte de reboot à Dragon Ball et en tout particulier de l'arc du ruban rouge, mais en profitant de l'animation modernisée de GT. Fait amusant, Goku porte ici son Gi bleu et jaune et le personnage de Franky 8 y est appelé « C-8 », confirmant l'hypothèse selon laquelle celui-ci aurait été crée par le Dr Gero. Plus surprenant, pour ne pas dire déroutant, la fameuse scène de la culotte existe toujours, Goku déclarant littéralement en regardant Bulma dormir qu'il avait "l'habitude de dormir sur les boules douillettes de son grand-père ». Oui, vous avez bien lu !
Merci en tout cas à AB d'avoir ajouté ces 4 films que finalement personne n'a vraiment retenu, ni peut-être vu, mais qui font quand même plaisir.

Le jeu des 7 différences (de traduction !) :
L'un des intérêts de ce coffret est, évidemment, de profiter de la version originale sous-titrée et non censurée. Ainsi, on profite des vrais génériques, dont la plupart ont été amputés de la version française (comme celui où Gohan et Krilin recherchent les dragons balls dans Thalès, retiré de la vf à cause de la chanson japonaise probablement). Ces films mettent aussi à notre disposition les fabuleux endings chantés et le véritable nom des attaques. Quel plaisir d'entendre Gohan et Trunks s'écrier: "Masenko" dans le film Broly ou d'entendre Goku lancer son Kaïoken !
Il faut tout de même souligner que la traduction française d'époque était très qualitative en son temps malgré quelques couacs (oups le « combat fratricide », Thalès n'étant pas le frère de Goku...). Dans certains cas, j'ose le dire, la VF était même supérieure. Je pense principalement à l'OAV Broly, suggérant que le super saiyen de la légende serait devenu fou à force d'entendre Goku pleurer. Suggestion totalement absente de la version japonaise, qui... n'amène aucune explication justifiant la colère du Saiyen en présence de Goku. Même ChatGPT est assez confus, résumant les choses ainsi :
VF = Goku l'a rendu fou.
VO = Broly est déjà instable, et Goku réveille quelque chose en lui.
J'avais même lu une fois quelque part comme quoi Broly avait senti le "potentiel latent de Goku". Moui...
D'ailleurs, le film "le retour de Broly" appuie également sur l'hypothèse avancée par la traduction française, avec un Broly s'éveillant en entendant Goten pleurer. Avis très perso, je préfère cette version.
Sinon, en dehors de quelques détails plus ou moins anecdotiques dans les différences de traduction, on retrouve bien entendu la censure la plus connue des films, le retour d'un certain tyran moustachu dans le film Fusions. Eh bien malgré sa présence dans la version japonaise, je n'ai pas retrouvé la ligne de dialogue un peu "douteuse". Dans mon souvenir, il disait quelque chose comme "Ces guerriers aux cheveux blonds et aux yeux clairs feraient bien dans mon armée" (sûrement à l'origine d'une très vieille polémique autour de Dbz qui a circulé, fut un temps...), remplacé ici par quelque chose de beaucoup plus convenu.

Toujours dans le titre Fusions, la tirade de Goku face à Gros Janenba "je n'ai pas ressenti ça depuis mon combat contre Cell" a disparu. En revanche, celui-ci mentionne Buu lors du combat contre Janenba démon : "Tu es le premier à me pousser dans mes derniers retranchements depuis Majin Buu".
Encore et toujours dans Fusions, je ne sais pas si je suis victime d'un effet Mandela, mais il me semble que la bande-son est complètement différente. La musique écoutée par l'ado dans son baladeur n'est plus celle du générique, idem quand Gohan fanfaronne après avoir battu Freezer, la musique ne correspondant plus à celle de mon souvenir. Bizarre.
Autres fantaisies, cette fois en défaveur de la VF, que l'on retrouve dans le dernier CD, celui des téléfilms. Dans l'épisode Bardock, la discussion entre Dodoria, Zarbon et Freezer est intéressante. Dans la VF, on s'en souvient, Zarbon exprimait son inquiétude sur la puissance des Saiyens et l'hypothèse d'une rébellion. "Mais qu'arriverait-il s'ils s'unissaient ?". Ce à quoi Freezer rétorquait : "A mon avis, ils feraient beaucoup de bruits et c'est tout". "En effet, majesté." Même si cette version ne manque pas de panache et d'ironie, la VO est un peu différente et donne à peu près ceci :
"Qu'arriverait-il s'ils s'unissaient ?" "Tu penses qu'ils seraient un problème ?" "Oui..."
C'est subtil, certainement, mais ici Freezer prend les choses beaucoup moins à la légère, Zarbon est moins obséquieux et serait, pour le coup, en partie responsable de la disparition de la planète Vegeta par son discours alarmiste.
Autre changement notable dans le téléfilm l'histoire de Trunks. Dans la VF, il est sous-entendu que Gohan entraine Trunks après la destruction de la ville du début, ce dernier demandant à son maître de ne rien dire à sa mère. Puis, lors du repas, Bulma demande ironiquement à Gohan d'entrainer Trunks pour le rendre plus fort.
La VO est assez différente pour le coup. Après la destruction de la ville, Trunks demande à Gohan de l'entrainer "plus sérieusement". Et à l'inverse, Bulma laisse entendre qu'elle préfèrerait que Trunks ne se batte pas avant de lancer, plus tard dans le film "Je me doutais que vous vous battiez contre eux en cachette" ou quelque chose ainsi. La demande de Bulma d'entrainer Trunks disparait ici. Notez, j'aime bien les deux versions.
Parlons maintenant des titres qui, dans la plupart des cas (sauf le combat Fratricide, une fois encore...), sonnent terriblement plus pertinents en français, les titres japonais se ressemblant presque tous (Non je ne fais pas de racisme anti titres !) à coups de « Le super guerrier ne dort jamais », « Le guerrier puissance dix milliards » ou « C'est moi qui vaincrai ». Avouez quand même que « Broly le super guerrier », "Les mercenaires de l'espace" ou « Cent mille guerriers de métal », ça sonne pas si mal, non ?
L'intégral ?
A vue de nez, tout semble y être. Tout ? Hélas non. Comme mentionné plus haut et malgré la liste incomplète sur Amazon, les films sur Bardock et Trunks sont bien présents. En revanche, certains titres sont aux abonnés absents, des OAVS certes médiocres mais existants, comme celui avec le frère de Végéta ou la suite de Badack (qui atteint le SSJ 1). Le plus gros absent à mon goût est l'épisode "Le plan d'éradication des supers saiyens", qui avait pourtant été remasterisé à l'occasion de la sortie du jeu vidéo Raging Blast 2 et qui méritait de figurer ici vu qu'il ressuscite les principaux antagonistes des OAVS, de Slug à Thalès en passant par Cooler. Cela aurait même pu être l'occasion de glisser l'animé du JV dont il était issu en version « brute », avec ses multiples embranchements. J'en oublie certainement d'autres. Ne boudons tout de même pas notre plaisir, l'essentiel de notre jeunesse est là !

Ressenti en 2026 ?
A ma grande surprise, la plupart des films ont bien vieilli. J'ai pu constater que les épisodes DB et « Garlic » profitaient d'excellentes chorégraphies de combat, plus proches des vrais arts martiaux, ce qui sera hélas un peu délaissé lors des opus suivants pour de vagues combats « mille coups à la seconde » et « pan pan kikoha ».
Les OAVS restent tout de même un plaisir à redécouvrir, certains très orientés Pulp ou Hard SF (comme Metal Cooler). Pour ma part, j'ai réhabilité l'offensive des cyborgs qui m'avait déçu enfant mais que j'apprécie bien plus aujourd'hui. Broly et Bojack sont toujours excellents. Le retour de Broly est par contre une petite purge, avec son passage bien trop long dans les montagnes avec le sacrifice de la princesse, et le combat étrange où Broly s'acharne sur les deux gamins. De manière étonnante, je me suis moins ennuyé sur « Bio Broly », pourtant réputé comme l'un des plus mauvais. Pourtant, celui-ci suit assez bien les événements de l'arc Buu et les combats ne sont pas si dégueux. On peut surtout lui reprocher un méchant déroutant en terme de design, mais l'idée de mettre Goten et Trunks en avant reste sympa.
Les téléfilms (ou Tv Special) méritent qu'on s'y attardent. Vendus chez nous comme de vrais OAVS, ceux-ci étaient pourtant des épisodes sortis à la télévision japonaise, et considérés comme canoniques. Du moins... si l'histoire de Trunks l'est toujours, ce n'est hélas plus le cas de Bardock, qui était en son temps diffusé même avant Dragon Ball dans certains pays du monde, a priori.
Il faut aussi parler du dernier tv special, Db Gt 100 ans après. Fait surprenant, il prend en compte les événements de l'arc Baby, mais pas de l'arc Shenron. Peut-être a-t-il été diffusé avant. Reste que cet épisode parle du descendant de Goku qu'on distingue aussi à la toute fin de Gt, se battant contre un descendant de Vegeta.
Sans être un grand film, je ne l'ai pas trouvé si mauvais, peut-être même attachant par moment. Il s'inscrit à une période très avancée de DBZ, peut-être la plus avancée même. L'histoire se suit comme un épisode filler de DB. Chose appréciable, la présence de petits clins d'oeil très subtils mais faisant référence aussi bien à DB qu'à DBZ, si subtils que ce n'est pas du pur fan-service, chose rare pour être mentionnée. Le bandeau rouge porté par le petit Goku nous rappelle celui porté par Bardock. La scène où il saute instinctivement très haut évoque bien sûr le passage où Gohan fuyait un dinosaure. Et le dernier ennemi affronté dans l'opus n'est pas sans rappeler... le tout premier affronté par son arrière... arrière.. grand-père dans la saga. Il y a même une référence à Bojack, avec le personnage de Mamba qui ressemble furieusement à Zangya. Et quelle nostalgie de revoir la maison de Goku au mont Paoz, un lieu devenu quasiment mystique à cette époque.
Un coup de coeur ?
Difficile de n'en choisir qu'un seul. Alors, si aujourd'hui je devais décider quel serait le meilleur d'entre tous, en me basant sur mon seul ressenti après ce marathon de films, je crois que ma préférence irait pour l'histoire de Trunks, d'une grande finesse, avec des combats intéressants et peut-être le plus beau moment d'émotion de tout DBZ. J'aimerais bien connaître votre préféré, d'ailleurs !
Conclusion :
Malgré son prix un peu prohibitif aujourd'hui, il s'agit ici d'un excellent coffret pour (re)découvrir les plus grands OAVS de Dragon Ball. Je pense en particulier à Broly, Bojack, Fusions, Badack et l'histoire de Trunks, mais aussi les autres qui sont au pire des curiosités, au mieux de bons divertissements. Merci à AB d'avoir restauré ces films qui font partie intégrante de notre jeunesse et des années 90. Oui, cela nous parait vraiment loin, aujourd'hui...